À tout auteur tout honneur, Jean Simonneaux a présenté son livre tout nouveau : Congé de sortie, une enquête passionnante, qui fait habilement ressortir les liens entre la « petite » et la « grande » histoire. La ferme familiale, embellie depuis des générations par la branche maternelle, se trouve en danger de passer aux mains d’un paysan sans scrupules, qui la convoite avec la complicité malveillante des propriétaires. Arrivera-t-il à « soulever » la ferme, par un mariage arrangé ou pire ? La fermière et ses quatre filles (dont la future mère de l’auteur) sont aidées par plusieurs cercles de solidarité -dont le curé, sacrément indigné. Avec l’aide d’un avocat ambigu, parviendront-elles à défendre leur patrimoine ? D’acte en acte, le coup de théâtre final bénéficiera d’une nouvelle loi, issue de la résistance, sur le statut du fermage.
Le second témoignage, bouleversant, fut extrait de Sous l’arbre là-bas, Deux sœurs dans la tourmente (Jean-François Schved). Une très jeune institutrice en 1940, dévouée à sa mission d’éducation dans un village isolé de la Margeride, revient après les fêtes de Noël avec sa sœur, pour regagner au plus tôt son poste ; les deux jeunes filles, à la descente du car, continueront courageusement la route à pied, au milieu des congères. On les retrouvera mortes de froid sur le chemin. Elles étaient les deux grand-tantes de la lectrice…
Des poésies et proses plus légères ont accompagné la soirée : un hymne à la montagne de Théophile Gautier, Dans la sierra ; l’amour dans J’ai tant rêvé de toi de Robert Desnos ; L’amitié qualifiée par Montaigne ; la conquête de soi par Wajdi Mouawad, une réflexion qui prend 25 secondes seulement à lire (comme quoi, 3 minutes…), mais beaucoup plus à méditer. Côté romans, tous attirants, l’humour d’Italo Calvino a brodé sur l’arbitraire du choix d’un livre (Si par une nuit d’hiver, un voyageur), Stefan Zweig a fait revivre le siège précédant la chute de Byzance (Les heures étoilées de l’humanité), Erskine Caldwell nous montre la famille d’Un p’tit gars de Georgie à travers le regard faussement ahuri de Handsome, dit le nègre, homme à tout faire de cette famille pauvre.
Et toujours le quizz, cette fois sur le thème « mensonge ou fiction ? » confrontant Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Schopenhauer, Jean d’Ormesson et d'autres.
Bienvenue au prochain Dernier Vent d’la plume, vendredi 26 juin à 20h30, à La Récréation, Saint Julia, place de la mairie.
La dernière séance, toujours aussi chaleureuse, nous a permis d’évoquer ou d’entendre Charles Juliet, Santiago Amigorena, Meir Shalev, Audur Ava Olafsdottir, Pierre Kalfon, Sorj Chalandon, Victor Hugo, des poèmes de la Résistance (voir photo). Alors, à vendredi 26 pour le prochain florilège ?! Le principe reste le même: chaque volontaire lit, déclame, chante un texte. Le temps d’antenne est limité à 3 minutes afin que chacun puisse s’exprimer. Quitte à refaire autant de tours que possible et souhaité. Contact : mlmoinet44@gmail.com Pour ceux qui ne sont pas en vacances et qui souhaitent participer à cette improvisation mensuelle du dernier Vent de la plume, rendez-vous comme d'habitude à Saint-Julia, dans la salle de La Récréation à 20h30. Rappel de la règle du jeu : Chacun lit une poésie ou un texte de son cru ou de son choix, et après 3 mn de parole, une petite vache vient l'interrompre pour faire place au volontaire suivant.